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 new day ϟ ft Keegan

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MessageSujet: new day ϟ ft Keegan   Dim 14 Jan - 16:24

new day
13 août 2012 + Le bruit des pas mesurés de la brune s’élève doucement alors qu’elle gravit les marches taillées dans la pierre menant au temple de son père. Elle a cet air un peu hésitant qui ne lui sied guère, cette expression emplie de doutes qui surprend autant qu’elle inquiète. Violet n’est, après tout, pas une jeune femme facilement impressionnable ou même aisément intimidable. Elle possède un caractère fort qui inspire le respect et l’agacement, elle est habitée par une colère dévorante qui donne envie de cogner et de reculer. Aussi n’est-il pas habituel de la voir ainsi, l’échine légèrement courbée et le regard brillant d’une lueur incertaine. Elle se hait un peu d’être aussi faible face à cette figure paternelle qu’elle n’a jamais rencontrée, face à ces on-dit qui la font frémir et qui l’impressionnent bien trop. Du haut de ses vingt-sept années d’existence, Violet se sent fort ridicule, telle une enfant qui idéaliserait ce parent qui n’est jamais suffisamment présent pour la gronder. Il est bien aisé de se faire des images parfaites d’un paternel quand on n’a jamais vu celui-ci, surtout quand celui-ci est un Dieu. Toutefois, si Violet a bien apprit une chose durant les longues années passées à la Colonie, c’est qu’aucun Dieu ou Déesse n’est irréprochable. Ils ont leur travers, ces êtres perchés sur leurs piédestaux. Ils ont ces défauts qu’ils préfèraient voir effacer de la mémoire des mortels. Violet le sait, mais Violet a du mal à accepter les choses. Elle qui n’a jamais connu l’amour de sa mère et qui n’a jamais pu aimer celle-ci en retour, il y a ce besoin en elle d’aimer et d’être aimée. Elle veut aimer ce père violent et destructeur, elle se retrouve en cette figure paternelle sinistre. Mais elle ne se l’autorise pas. Aimer un Dieu, père ou non, n’est jamais une bonne idée, l’Histoire le lui a dit. Alors elle s’enferme dans cette colère qu’elle dirige contre n’importe quoi et n’importe qui pour ne pas tomber.

Rompre les règles tacites du monde dans lequel elle vit est encore une plus mauvaise idée. Violet se plie bien malgré elle à ses obligations de demi-déesse, ravalant avec grand mal les râleries furieuses et remarques mordantes qui lui brûlent le bout de la langue. Elle a un tempérament colérique, mais elle n’est pas idiote ; contrarier les Dieux ne serait pas intelligent et ce serait là une bataille qu’elle ne pourrait gagner. Ça ne lui fait pas plaisir, mais elle le fait sans rechigner. Aujourd’hui, la brune visite le temple d’Arès pour prier. Pas qu’elle ait quoique ce soit à demander. Mais il est – à priori – très fortement recommandé de prier régulièrement pour ne pas tomber dans les mauvaises grâces des pères et mères des Demi-Dieux. Soit. Violet s’éxécute quand elle le peut. Sa journée ne s’annonce pas particulièrement prenante, alors la jeune femme pénètre dans le temple silencieusement, ravalant doucement son malaise. Elle ignore les murmures sinistres créés par son esprit, nés de ses doutes et de cette crainte d’avoir déçu ce père qu’elle admire sans vouloir l’avouer. Les muscles de sa mâchoire se tendent alors qu’elle fait face à l’autel, alors qu’elle ferme lentement les yeux et qu’elle lui adresse quelques prières maladroites. Et une fois la chose faite, la brune ne perd pas une seule seconde pour tourner les talons et quitter les lieux.

Elle ne se précipite pas vers l’extérieur. Non, Violet a bien plus de retenue que cela. Elle quitte le temple d’un pas tout aussi mesuré que quand elle s’y est rendue. Mais elle est distraite, dévalant les escaliers nonchalamment. Elle ne regarde pas où elle va, satisfaite d’avoir effectué sa bonne action de la journée – voire même de la semaine ou du mois – et un peu perdue dans ses pensées. Sa visite au temple d’Arès a réveillé en elle ces sentiments partagés qu’elle aurait préféré oublier et ignorer pour le reste de son existence. Mais Violet n’est qu’une humaine comme les autres, dont la psychologie n’est pas aussi complexe et impénétrable que ce qu’elle aurait aimé. Une simple visite au temple est amplement suffisant pour la rendre nerveuse, pour lui faire perdre cette apparence de stabilité qu’elle aime se donner. Nerveusement, elle torture sa lèvre inférieure en la mordant sans ménagement, le regard rivé sur le bout de ses bottines usées, les mains dans les poches de son jeans troué. Elle pense un moment à aller trouver Lester pour se distraire de ce qui la tourmente, mais cette idée s’envole rapidement de son esprit quand son épaule heurte quelque chose. Ou plutôt quelqu’un, une autre épaule. Violet recule de quelques pas, surprise par le choc. Son étonnement apparaît quelques seconde sur son visage, avant que son expression ne se mue en un masque colérique. « Tu peux pas regarder où tu mets les pieds ?! » Sa voix claque autant que sa mauvaise foi semble risible. Violet le sait, mais ne se démonte pas pour autant. « C’pas possible, tch. » continue-t-elle de râler en fusillant du regard la pertubatrice – une jolie brune lui semblant vaguement familière, un visage qu’elle a déjà du croiser à la Colonie. Le nom lui échappe, sans que cela soit gênant cependant. Violet secoue la tête avec agacement, lâchant quelques grossiertés que la demoiselle n’a certainement pas mérité, mais que la fille d’Arès ne peut retenir.
(c) AMIANTE

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Keegan Thompson
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MessageSujet: Re: new day ϟ ft Keegan   Sam 3 Fév - 0:02


Go to Hell.
Horus & Keegan
13 Août 2012. Tout était parti d'un simple anneau. Une jolie pièce d'or blanc surmontée d'une pierre capable d'attraper le plus timide des rayons du soleil. A l'époque d'ailleurs, Keegan ne se lassait pas de jouer avec. Parfois, elle passait la main par la fenêtre de leur appartement, juste pour observer le doux éclat sur son doigt. De quoi se traiter mentalement de niaise, c'est vrai. Mais ne l'est-on pas un minimum lorsque l'on est amoureuse ?

A présent, le fameux bijou traînait sur la table basse qu'elle venait tout juste d'installer. Ayant emménagé à Heraklion une ou deux semaines auparavant, la grecque n'avait pas terminé de ranger ses affaires. Loin de là même. Des cartons s'entassaient sur le côté, des livres et CD formaient des piles à l'équilibre approximatif, et ne parlons pas des vêtements. Ici et là, des boites à chaussures, des sacs de voyages, et autres contenants d'où s'échappaient des bouts de tissus colorés. Un joyeux bordel dont elle n'avait que faire pour l'instant. Son regard, hypnotisé par le cercle de métal, semblait comme embrumé, possédé par des images d'un passé qui se voudrait résolu. Elle était ailleurs, bien loin du camp grec et des responsabilités qu'elle adoptait les unes après les autres. S'il y a dix ans, on lui avait dit qu'elle se retrouverait là, immobile comme une pauvre cruche qui se lamente sur sa vie amoureuse et les choix qui l'accompagne, Keegan ne l'aurait pas cru. Pas qu'elle soit au dessus du lot, ou plus intelligente, ni même qu'elle connaisse davantage la philosophie masculine. Mais plutôt parce qu'aimer quelqu'un, chez elle, ça incombait de prendre des gamelles et de se relever malgré tout, et ce, en tenant toujours la main de cette même personne. Quand on aime, on ne lâche pas.

« Conneries. » Se redressant d'un geste brusque, la grecque attrapa l'alliance, et la fourra dans la poche de son jeans. Les pensées parasites de ce genre, ça a tendance à lui foutre les nerfs. Tu parles d'une fille solide. Les gars de la caserne se foutraient de sa tronche s'ils la voyaient. Enfin... Ils ne risquaient plus de voir grand chose à présent.

Lasse, elle glissa une main dans ses cheveux comme pour en ôter les derniers grains d'amertume. Le silence de l'appartement ne faisait qu'accentuer le flot inhabituel d'émotions. Si Callie était là, peut-être qu'elle lui botterait le cul, et franchement, ça ne lui ferait pas de mal. Depuis quelques mois, elle ne se reconnaissait pas. Et même en se disant qu'il n'était question que d'un changement normal, d'habitudes à adopter, que tout irait bien une fois que la routine se mettrait en marche, Keegan avait la nette impression de patauger dans la mélasse. Et bon sang, que c'était désagréable. Un coup d'oeil à son portable lui apprit qu'il était beaucoup trop tôt pour une tequila. Génial, elle devrait même faire gaffe à ne pas passer pour l'alcoolique du coin maintenant. Y avait-il seulement un bar à Heraklion ?

Secouant la tête, blasée, la grecque se détourna du salon pour aller enfiler un débardeur noir. Ouais, elle est de celles qui rangent ses cartons en soutien-gorge et donc ? Y a pas tellement de visiteurs par ici, elle ne risque pas de choquer qui que ce soit. Et d'après ce qu'elle avait comprit, si elle souhaitait offusquer les bonnes gens, faudrait plutôt se donner rendez-vous du côté des romains. A voir si elle tenterait l'expérience un jour. En attendant, elle se saisit de ses clefs, et quitta le bâtiment. Elle avait deux mots à dire à sa mère et pour ça, Kee' ne connaissait qu'un seul endroit.

Délivrer un message aux dieux relève bien souvent du miracle. Soit, ils entendent et t'ignorent – ou mieux, te punissent de les avoir déranger – soit, ils sont trop occupés pour tendre l'oreille. Et quelques fois, rares fois, il arrive qu'ils se montrent attentifs et enclins à écouter. La demi-déesse n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer sa mère en chair et en os, mais des signes, quelques vagues murmures, ça lui était arrivé. Petite veinarde qu'elle était, c'était plus que la moyenne des relations pensionnaires – parents divins, au camp.

Assise sur la première marche de l'autel – paye ton respect – elle avait les avant-bras posés sur les genoux. Le silence, foutu silence, était de retour et n'amenait aucun semblant de réponse à des questions un peu trop persistantes pour la laisser l'esprit tranquille. « Tu pourrais répondre... » Le murmure s'élève à peine, empêtré dans des émotions que la demi-déesse elle-même ne saurait nommer. Dans sa poche, elle farfouille, sort un kit-kat et le bruit de la déchirure quand elle l'ouvre est plus fort encore que sa voix lorsqu'elle parle. « Déesse de la Juste Colère. » Elle coupe une barre en deux et lâche le premier morceau dans un des récipients qu'on laisse là pour les offrandes aux dieux. « Pas foutue de m'aiguiller quand je demande un conseil. » Le bruit sourd du deuxième morceau qui tombe ne la déconcentre même pas. « Et ta colère... » Un autre s'effondre en une offrande qui devient amère. « Comment je sais qu'elle est juste, hein ? » Les mains s'entrouvrent, le reste de la friandise s'écrase au sol. Keegan jette à peine un coup d'oeil, et lève le regard vers ces emblèmes, ces œuvres d'art censées représentées sa mère. « Comment je la fais disparaître, putain ! »

… Silence. Il n'y a rien pour elle ici. Aucune réponse, aucune jolie brise divine pour l'envelopper et la réconforter. Elle n'est pas connue pour ça Némésis, de toute façon. Et Keegan n'est pas naïve. D'ailleurs, si elle avait été honnête avec elle-même et réellement voulu du réconfort, elle serait allée voir son père ou sa sœur. Mais non, c'est vers la déesse de la Vengeance qu'elle s'était tournée. Et quelque part, au fond d'elle-même, elle savait pertinemment pourquoi.

Merde. La grecque se hâta de ramasser ses affaires, les fourrant dans un réceptacle avant de se casser d'un pas vif. Le besoin de bouger, de crier, de cogner grondant au creux de son ventre. Alors quand elle percuta quelqu'un et qu'elle reçut des remarques tendres et élogieuses en retour, son sang ne fit qu'un tour. « Et toi, t'as de la merde dans les yeux ? » Son regard se plisse, elle fait face à la brunette qu'elle dévisage à peine. « Ou t'es pas assez maligne pour éviter quelqu'un ? » Le ton se fait acide, elle penche un peu la tête sur le côté pour analyser son adversaire du moment. Mais au fond, ce n'est même pas cette fille qu'elle vise, ce n'est pas cette fille qu'elle voit. Dans sa tête, elle commence déjà à s'éloigner. Son index, lui, s'avance, et glisse sur l'épaule touchée de la brune. Depuis quand sont-elles si proches ? « Tu n'as pas trop mal, j'espère ? » Moqueuse, elle sourit sans joie. « Sinon, j'peux t'aider à te plaindre pour quelque chose de réel. » La menace est audible, pesant dans l'air. Elle est sérieuse Keegan sur ce coup. Toutes les fibres de son corps vibrent en réaction.

Et toujours aucune réponse murmurée à son oreille.
... Merci maman.
(c) DΛNDELION

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