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 He(a)l(p) me - Dick

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Thelma Magnusson


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Date d'inscription : 05/01/2018

My quest
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MessageSujet: He(a)l(p) me - Dick    Sam 20 Jan - 0:18

He(a)l(p) me
I will try to fix you

Tu sautilles devant la porte comme une enfant qui se retiendrait depuis trop longtemps d’aller aux toilettes. Tu es vraiment très pâle Thelma, ton teint lunaire s’auréolant des petites taches rouges ci et là-  le carmin provenant de sang ou de tes pommettes embrasées. Tu espères que ce soit lui, autant que tu redoutes que son visage te fasse face lorsque tu oseras franchir le seuil de l’infirmerie. Si ça ne tenait qu’à toi, tu serais déjà dans ton lit, un pansement collé sur la cuisse, un doliprane au fond de la gorge et tu aurais souffert en silence, comme une grande. Le silence, ta spécialité. Tu es passée maître dans l’art du murmure, dans la maîtrise de l’effacement et qu’est-ce-que tu aimerais pouvoir te fondre dans le décor à ce moment précis Thelma. Ne pas exister, ne pas respirer, ne pas ressentir l’élancement qui déchire ta jambe gauche. Mais Keegan t’as forcée à venir. Tu grimaces. C’est de ta faute, comme toujours. Si tu n’étais pas aussi maladroite, rien de tout cela ne serais arrivé. Tu n’aurais pas trébuché en te faisant un auto croche-patte, ne serais pas tombée comme une poupée de chiffon dépourvue de muscles sur une des lances d’entraînement et n’aurais jamais eu une plaie de quinze centimètres en plein sous la fesse gauche –c’est pas passé loin- tu n’aurais pas roulé dans la poussière en entraînant avec toi tout ton attirail en provoquant un fracas de tonnerre qui a certainement résonné dans tout le camp vu la vitesse à laquelle une dizaine de personne à accouru pour te retrouver, toi, hurlant de douleur enfouie sous une dizaine de boucliers, de lances, de flèches et de tu n’sais quoi encore. Tu renifles un peu, vexée de devoir une nouvelle fois étaler ta faiblesse aux yeux de tous. Tu en as assez d’être celle qu’on doive protéger, qu’on doive soigner, réparer. Et vraiment assez d’entendre rire sur ton passage aussi. Vraiment, si tu avais pu, tu te serais contentée de traîner la patte comme un vieux jouet abimé avec du sang coagulé plein le pantalon et tu aurais souris en balbutiant que ça allait. Mais Keegan a insisté. Et tu voulais vraiment lui faire plaisir, hein Thelma. Alors maintenant, tu te retrouves là, avec l’envie profonde que le sol s’ouvre sur tes pieds et que Charon vienne réclamer ton âme de poule mouillée pour ne pas devoir pousser la poignée. Tu gémis et vacille sur ta jambe abimée. Ça te rappelle que la douleur est toujours là, et que souffrir, c’est vraiment douloureux –les accidents, ça te rend philosophe un peu.

Alors tu pousses la porte, plus rouge qu’un panneau de sens interdit et tu attends sagement, terrifiée sur ta chaise. A côté de toi, il y a un homme –certainement un fils d’Arès-avec le visage à moitié brûlé qui arrive toujours à essayer de faire du charme à la demi déesse qui s’occupe de trier les cas les plus graves des plus minables –autant dire qu’elle t’a à peine adressé un regard pour te classer dans la dernière catégorie, ton prénom très certainement accompagné de la mention « bonne à rien qui revient casser les marteaux d’Héphaïstos tous les deux jours. » Alors tu te sens plus bas que terre et tu essayes de te ratatiner dans ta chaise -mission plus qu’aisée pour toi et ton mètre cinquante-cinq les bras levé sur le dos d’un centaure. A ton grand soulagement, un des soigneurs vient récupérer ton voisin qui malgré tous tes efforts pour te rendre transparente avait commencé à remarquer que tu appartenais au camp des détenteurs de vagins –malgré une absence  totale de formes féminines, merci mère nature de toujours faire des cadeaux aux mêmes et jamais au petit canard noir hein- et c’était vraiment trop rapproché de toi. Tu attends encore un peu, le souffle court, entrechoqué de petites pauses quand ta blessure se rappelle à toi un peu trop violemment. Puis on t’appelle et tu envisages de t’évanouir, juste pour éviter de vivre cette expérience extrêmement humiliante consciente. Tu claudiques vers le boxe d’auscultation, écartes timidement le rideau qui te sépare de ton soigneur, puis tu vois que c’est lui. T’es soulagée parce qu’il ne doit plus s’attendre à rien à force de devoir te réparer pour un oui ou pour un non, mais en même temps, tu préférerais presque –presque- devoir jongler avec des cactus enflammés en string en faisant du monocycle dans le réfectoire que de devoir t’asseoir devant lui pour lui montrer ta fesse.

« Salut Richard. »

Tu murmures, comme si ta voix était un petit canari en cage qui refusait de sortir de ta gorge. T’es même pas sûre qu’il t’ait entendue. Son nom sonne étrangement dans ta bouche, comme si ta tête voulait de toutes ses forces l’appeler tête de con mais que ton corps refusait obstinément d’obéir. Puis tu l’aime bien quand même Richard, même si il ne veut pas reconnaître qu’il vient squatter ton endroit, un creux entre deux petites dunes sur la plage, protégé par les branches d’un immense pin. Il t’embête pas vraiment en plus. Parfois, quand il arrive à être calme tu arrives même à te détendre en sa présence. Mais ça, c’est que la nuit, quand il vient envahir ton coin à toi. Alors que là, t’es en terrain ennemi et tu veux pas perdre la face. Tu songes à bricoler une histoire d’attaque de monstre alors que tu faisais tes courses. Un truc crédible, pas un ou tu botterais les fesses de deux hydres en même temps juste ave les dents. Mais quelque chose de classe où t’arriverais à pas trop paraître minable. En en tuant quand même une toute seule. Tu baisses la tête. T’as vraiment aucun amour propre. « J’ai… Trébuché. » Etonnant. Tu te caches les yeux, pour ne surtout pas voir son expression et tu murmures encore plus bas, des fois qu’en plus d’un ego surdimensionné il puisse posséder une ouïe de chauve-souris.

« Je me suis coupée… Là. »

Le là est tellement aigu que ça en devient presque un ultra son et tu désignes le trou dans ton jogging d’entraînement en t’étranglant avec ta propre salive. Achevez-la.

«Je suis désolée de te déranger... Encore.»

Tu tripotes une mèche de cheveux et tu le regarde pas. Tu préfères pas savoir à quel point il te déteste. Non, tu n'exagères jamais Thelma.


(c) sweet.lips

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